Décennale serrurier : tarifs 2026
Karim est serrurier-métallier à Lyon. En mars 2024, il installe un garde-corps en acier sur un balcon du deuxième étage d’une maison en rénovation. Travail conforme au plan, soudures propres, finition thermolaquée, client satisfait. Quatorze mois plus tard, lors d’un repas entre amis sur le balcon, un invité s’appuie sur le garde-corps. La fixation côté gauche cède. Le garde-corps bascule vers l’extérieur sur un mètre linéaire. L’invité se rattrape de justesse. Personne ne tombe, mais le balcon est condamné jusqu’à la reprise complète de l’ouvrage. L’expert constate que les chevilles de fixation dans la dalle béton étaient sous-dimensionnées pour les charges d’appui prévues par la norme NF P 01-012. Coût des réparations : 7 800 euros. Karim avait sa décennale. Son assureur a pris en charge l’intégralité du sinistre, franchise déduite. Sans cette couverture, Karim aurait payé de sa poche, pour un chantier facturé 3 200 euros. Son histoire n’est pas un cas isolé. Les serruriers-métalliers sont exposés à des sinistres spécifiques, souvent liés à la sécurité des personnes et à la tenue mécanique des ouvrages métalliques dans le temps.
Ce guide est écrit pour les serruriers et métalliers : poseurs de garde-corps et rampes, fabricants-installateurs de portails et clôtures, spécialistes de la ferronnerie, constructeurs d’escaliers métalliques, poseurs de menuiseries métalliques, réalisateurs de charpentes et structures en acier. Tout ce que vous devez savoir sur la décennale : obligation légale, classification second oeuvre, sinistres fréquents en serrurerie-métallerie, prix selon votre profil, activités complémentaires à déclarer, et l’histoire complète de Karim pour comprendre le déroulement concret d’un sinistre.

Pourquoi la décennale est obligatoire pour les serruriers-métalliers
La réponse est directe : oui, la décennale est obligatoire pour tout serrurier-métallier qui intervient sur un bâtiment. L’article L241-1 du Code des assurances impose cette obligation à tout professionnel du bâtiment dont la responsabilité décennale peut être engagée au titre des articles 1792 et suivants du Code civil.
En tant que serrurier-métallier, vos ouvrages font partie intégrante du bâtiment. Les garde-corps assurent la sécurité des occupants en hauteur. Les portails participent à la clôture et à la sécurité de la propriété. Les serrures et systèmes de fermeture sur les portes coupe-feu garantissent la sécurité incendie. Les escaliers métalliques sont des éléments de structure indissociables de l’ouvrage. Les charpentes métalliques supportent le bâtiment lui-même. Un défaut sur l’un de ces éléments peut compromettre la solidité de l’ouvrage ou le rendre impropre à sa destination, voire mettre en danger la vie des occupants.
Concrètement, si un garde-corps que vous avez posé se détache sous une pression normale, si un portail que vous avez installé s’effondre sur une personne, si une serrure de porte coupe-feu que vous avez mise en place ne fonctionne plus et bloque l’évacuation, ou si un escalier métallique que vous avez fabriqué et posé présente un défaut de stabilité, vous êtes présumé responsable pendant 10 ans à compter de la réception des travaux. C’est la responsabilité de plein droit instaurée par la loi Spinetta de 1978. Le client n’a pas à prouver que vous avez commis une erreur. Il lui suffit de démontrer l’existence du dommage et son lien avec vos travaux.
Les sanctions en cas de défaut d’assurance
Exercer sans décennale vous expose à des sanctions pénales : jusqu’à 75 000 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement. Mais le risque le plus concret est financier. Sans assurance, vous payez les réparations de votre poche. Un garde-corps défaillant peut entraîner des travaux de reprise très lourds : dépose complète, reprise des fixations dans la dalle, repose, remise en état des finitions. Les montants dépassent rapidement 5 000, 10 000, parfois 30 000 euros quand la sécurité des personnes est en jeu et que les dommages collatéraux sont importants.
L’obligation s’applique quel que soit votre statut. Micro-entrepreneur, entreprise individuelle, SARL, SASU : pas d’exception. Elle s’applique aussi si vous êtes sous-traitant d’un autre serrurier ou d’une entreprise générale. La décennale de votre donneur d’ordre ne vous couvre pas. Vous devez avoir la vôtre.
Et cette obligation vaut pour chaque chantier. Vous devez être assuré avant l’ouverture de tout chantier. Votre attestation décennale doit être annexée au devis et à la facture remis au client. Si le client la demande et que vous ne pouvez pas la produire, il a toutes les raisons de ne pas vous confier le chantier.
Pour une vue complète de l’obligation légale, consultez notre guide sur l’assurance décennale obligatoire.
Serrurier-métallier : un métier de second oeuvre
Cette classification a une importance directe sur votre contrat d’assurance et sur les conditions d’accès. Les assureurs distinguent les métiers du gros oeuvre (maçonnerie, charpente bois, couverture) des métiers du second oeuvre (serrurerie, menuiserie, peinture, carrelage, plomberie, électricité). La serrurerie-métallerie relève du second oeuvre.
Il existe toutefois une nuance importante. Si votre activité inclut la réalisation de charpentes métalliques ou de structures porteuses en acier, cette partie de votre activité peut être requalifiée en gros oeuvre par certains assureurs. La distinction dépend de la nature des ouvrages : un garde-corps est du second oeuvre, une charpente métallique qui supporte la toiture est du gros oeuvre. Si vous exercez les deux types d’activités, votre contrat devra couvrir les deux classifications, avec des conditions et des tarifs adaptés à chacune.
Ce que cela signifie pour l’expérience requise
Pour les métiers du second oeuvre, les assureurs exigent généralement un minimum de 2 ans d’expérience professionnelle dans le métier pour accorder la couverture aux meilleurs tarifs. Cette expérience peut avoir été acquise en tant que salarié, en alternance, ou en tant qu’indépendant. En l’absence de ces 2 ans d’expérience, vous pouvez compenser par un diplôme ou une qualification professionnelle dans le domaine de la serrurerie-métallerie.
Les diplômes reconnus par les assureurs pour la serrurerie-métallerie sont :
- CAP Serrurier-métallier
- CAP Ferronnier d’art
- CAP Réalisations industrielles en chaudronnerie ou soudage
- BP Métallier
- BP Serrurier-métallier (ancien intitulé)
- Bac Pro Technicien en chaudronnerie industrielle
- Bac Pro Ouvrages du bâtiment : métallerie
- BTS Constructions métalliques
- BTS Conception et réalisation en chaudronnerie industrielle
- Titre professionnel Métallier
- Certificat de qualification professionnelle (CQP) délivré par la branche métallurgie
Si vous n’avez ni les 2 ans d’expérience ni le diplôme, l’accès à la décennale sera plus compliqué. Certains assureurs accepteront votre dossier avec une surprime. D’autres refuseront. Dans tous les cas, votre tarif sera significativement plus élevé.
Différence avec le gros oeuvre
Les métiers du gros oeuvre (maçon, charpentier bois, couvreur) sont soumis à des exigences plus strictes : généralement 3 à 5 ans d’expérience ou un diplôme de niveau supérieur, et des tarifs de décennale plus élevés en raison du risque plus important sur la structure du bâtiment. En tant que serrurier-métallier intervenant principalement en second oeuvre, vous bénéficiez de conditions d’accès plus favorables, tant sur les critères d’éligibilité que sur les tarifs.
Cette classification second oeuvre ne diminue en rien la gravité potentielle des sinistres. Un garde-corps qui cède en hauteur, un escalier métallique qui s’affaisse, un portail motorisé qui s’effondre : ces désordres peuvent rendre un bâtiment impropre à sa destination et mettre en danger la vie des personnes. Mais les statistiques montrent que les montants moyens de sinistres en serrurerie-métallerie, pour la partie second oeuvre, sont inférieurs à ceux de la maçonnerie ou de la charpente, ce qui se traduit par des primes d’assurance plus accessibles.
Les sinistres les plus fréquents en serrurerie-métallerie
Les serruriers-métalliers sont confrontés à des sinistres spécifiques, directement liés à la nature de leurs interventions. Voici les catégories de sinistres les plus courantes, avec des exemples concrets tirés de la pratique.
Le garde-corps défaillant
C’est le sinistre le plus redouté pour les serruriers-métalliers, car il met directement en jeu la sécurité des personnes. Un garde-corps qui cède, qui se détache de son support ou qui ne résiste pas à la charge d’appui réglementaire peut provoquer une chute grave.
Les causes sont multiples : fixations sous-dimensionnées pour la charge prévue, chevilles inadaptées au support (béton, brique, pierre), soudures défaillantes, corrosion accélérée par un traitement de surface insuffisant, dimensionnement des barreaux ou des lisses non conforme à la norme NF P 01-012. Cette norme impose une résistance à un effort horizontal de 60 daN/ml (logement individuel) ou 100 daN/ml (lieu recevant du public). Un garde-corps qui ne tient pas cette charge est non conforme, et le sinistre est décennal par nature.
Le coût moyen d’un sinistre lié à un garde-corps défaillant se situe entre 3 000 et 15 000 euros pour la seule reprise de l’ouvrage. Si une personne est blessée, les montants d’indemnisation corporelle sont sans commune mesure et peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. La décennale couvre les dommages matériels à l’ouvrage. Les dommages corporels relèvent de la RC Pro.
Le portail qui s’effondre
Les portails battants ou coulissants en acier ou en aluminium sont des ouvrages lourds, soumis à des contraintes mécaniques répétées. Un portail mal dimensionné, mal fixé ou dont le système de motorisation est inadapté peut s’effondrer après quelques mois ou années d’utilisation.
Les sinistres les plus courants sur les portails sont : l’affaissement d’un vantail par déformation des gonds ou des pivots, le décrochement d’un portail coulissant de son rail de guidage, la rupture d’un poteau de fixation par fatigue du métal, le basculement d’un portail sous l’effet du vent lorsque les fixations au sol sont insuffisantes. Un portail qui s’effondre sur un véhicule ou, pire, sur une personne, entraîne des dommages matériels et potentiellement corporels considérables.
Coût moyen d’un sinistre sur portail : 2 500 à 8 000 euros pour la reprise de l’ouvrage (dépose, reprise des fixations, remplacement des éléments déformés, repose). Les dommages collatéraux (véhicule endommagé, mur de clôture détérioré) augmentent la facture.
La serrure défectueuse sur porte coupe-feu
C’est un sinistre spécifique à la serrurerie, moins visible mais potentiellement très grave. Les portes coupe-feu sont des éléments de sécurité incendie du bâtiment. Leur système de fermeture (serrure, ferme-porte, barre antipanique) doit fonctionner parfaitement pour garantir le compartimentage en cas d’incendie et permettre l’évacuation.
Une serrure qui bloque, un ferme-porte qui ne referme plus la porte correctement, une barre antipanique qui ne s’actionne plus : ces défauts compromettent la sécurité incendie du bâtiment et le rendent impropre à sa destination. Si le système de fermeture d’une porte coupe-feu tombe en panne dans les 10 ans suivant son installation et que la cause est un vice de mise en oeuvre ou un défaut du matériel posé, le sinistre relève de la décennale.
Le coût direct de la reprise est souvent modeste (500 à 3 000 euros pour le remplacement de la serrurerie), mais les conséquences indirectes en cas de sinistre incendie peuvent être dramatiques. La responsabilité du serrurier peut être engagée de manière très lourde si un défaut de son installation a contribué à la propagation d’un incendie ou empêché une évacuation.
L’escalier métallique mal fixé
La fabrication et la pose d’escaliers métalliques constituent une activité majeure pour les métalliers. Les escaliers sont des éléments de structure du bâtiment, soumis à des charges dynamiques importantes (piétinement, vibrations). Un escalier métallique mal fixé, mal dimensionné ou dont les soudures sont défaillantes peut présenter des désordres graves.
Les sinistres les plus courants sont :
Le fléchissement excessif - Un escalier dont les marches ou la structure fléchissent de manière perceptible sous la charge d’utilisation. Si la flèche dépasse les limites admissibles, l’escalier est dangereux et le sinistre est décennal.
Le décrochement de la fixation murale - Un escalier hélicoïdal ou un quart-tournant dont le limon mural se décolle du mur porteur. La cause est généralement un ancrage insuffisant dans la maçonnerie ou un défaut de dimensionnement des fixations par rapport au poids propre de l’escalier et aux charges d’exploitation.
La corrosion prématurée - Un escalier métallique extérieur dont la protection anticorrosion (galvanisation, thermolaquage, métallisation) est insuffisante. Après quelques années, la corrosion attaque la structure et réduit la section résistante des éléments porteurs. L’escalier perd sa capacité portante.
Le défaut de conformité aux normes de sécurité - Un escalier dont la hauteur de marche n’est pas régulière, dont le garde-corps intégré ne respecte pas la norme NF P 01-012, ou dont le giron est insuffisant. Ces défauts engagent la responsabilité décennale du métallier.
Coût moyen d’un sinistre lié à un escalier métallique : 5 000 à 20 000 euros, selon la complexité de l’ouvrage et l’étendue des réparations nécessaires. Pour un escalier hélicoïdal sur mesure, le coût peut dépasser 25 000 euros si la reprise impose une dépose complète et la fabrication d’un nouvel escalier.
La corrosion et les défauts de traitement de surface
La corrosion est l’ennemi du métallier. Un ouvrage en acier qui n’a pas été correctement protégé se dégrade rapidement, surtout en environnement extérieur ou humide. Les sinistres liés à la corrosion sont fréquents et concernent tous les types d’ouvrages : garde-corps, portails, escaliers, charpentes, serrurerie de bâtiment.
Un traitement de surface défaillant (galvanisation insuffisante, thermolaquage sur un support mal préparé, peinture anticorrosion non adaptée à l’environnement) entraîne une corrosion prématurée qui fragilise l’ouvrage. Si la corrosion compromet la résistance mécanique de l’ouvrage ou le rend impropre à son usage dans les 10 ans, le sinistre est décennal.
Coût moyen : 2 000 à 10 000 euros pour le décapage, le traitement et la remise en protection d’un ouvrage métallique corrodé. Si la corrosion a fragilisé la structure au point de nécessiter un remplacement, le coût est celui de la fabrication et de la pose d’un ouvrage neuf.

Décennale et RC Pro : deux garanties différentes pour le serrurier-métallier
Beaucoup de serruriers-métalliers confondent ces deux couvertures. La distinction est particulièrement importante dans votre métier, car les enjeux de sécurité des personnes sont très présents.
Ce que couvre la décennale
La décennale couvre les dommages graves qui apparaissent après la réception des travaux, pendant une durée de 10 ans. Le dommage doit compromettre la solidité de l’ouvrage ou le rendre impropre à sa destination.
Exemple 1 : Vous installez un garde-corps en acier thermolaqué sur une terrasse au premier étage. Trois ans après la réception, le garde-corps se détache partiellement de son ancrage sous une simple pression d’appui. La décennale prend en charge la dépose complète, la reprise des ancrages dans la dalle, la repose et la remise en état des finitions.
Exemple 2 : Vous fabriquez et posez un escalier hélicoïdal en acier dans un duplex. Deux ans après la réception, les marches émettent des vibrations anormales et un fléchissement est visible à l’oeil nu. L’expert constate un sous-dimensionnement du fût central. La décennale couvre le renforcement structurel complet ou le remplacement de l’escalier.
Exemple 3 : Vous posez la serrurerie complète d’un immeuble de bureaux : serrures, ferme-portes, barres antipanique sur les issues de secours. Cinq ans après la réception, plusieurs barres antipanique ne fonctionnent plus correctement et les portes coupe-feu ne se ferment plus automatiquement. La décennale couvre le remplacement de l’ensemble des équipements défaillants.
Ce que couvre la RC Pro
La RC Pro couvre les dommages causés pendant l’exécution des travaux à des tiers ou à des biens existants. Elle intervient avant la réception ou indépendamment de la notion de solidité.
Exemple 1 : En soudant un garde-corps sur un balcon, une projection de métal en fusion atterrit sur le véhicule du voisin garé en contrebas et endommage la carrosserie. La RC Pro prend en charge la réparation du véhicule.
Exemple 2 : Lors de la pose d’un portail, votre meuleuse dérape et entaille profondément le mur en pierre de taille du pilier. La RC Pro couvre la remise en état du mur.
Exemple 3 : Un élément métallique que vous manipulez sur le chantier chute et blesse un autre artisan qui travaille au même niveau. La RC Pro couvre les frais médicaux et l’indemnisation de la victime.
Synthèse
| Critère | Décennale | RC Pro |
|---|---|---|
| Quand | Après réception, pendant 10 ans | Pendant l’exécution des travaux |
| Quoi | Dommages à l’ouvrage (solidité, destination) | Dommages aux tiers et aux biens existants |
| Obligation légale | Oui (L241-1 Code des assurances) | Pas d’obligation légale générale, mais fortement recommandée |
| Exemple type | Garde-corps qui cède 3 ans après la pose | Véhicule endommagé par une projection de soudure |
La bonne pratique : la quasi-totalité des contrats décennale pour serruriers-métalliers incluent une garantie RC Pro. Vérifiez que c’est bien le cas dans votre contrat et que les plafonds de couverture correspondent à votre activité. Dans votre métier, les risques corporels pendant le chantier sont significatifs (manipulation de charges lourdes, soudure, meulage). Un plafond de RC Pro suffisant est indispensable.
Prix de la décennale serrurier-métallier selon votre profil
Le coût de la décennale pour un serrurier-métallier varie selon plusieurs critères. La serrurerie-métallerie étant classée en second oeuvre (hors charpente métallique), les tarifs sont accessibles. Voici les fourchettes constatées en 2026.
| Profil | CA annuel | Expérience | Prix annuel estimé |
|---|---|---|---|
| Micro-entrepreneur débutant | < 30 000 € | 2 ans (minimum requis) | 800 € - 1 200 € |
| Micro-entrepreneur confirmé | 30 000 - 70 000 € | > 3 ans | 900 € - 1 400 € |
| Entreprise individuelle | 70 000 - 150 000 € | > 5 ans | 1 100 € - 1 600 € |
| SARL / SASU (1-3 salariés) | 150 000 - 300 000 € | > 5 ans | 1 400 € - 2 000 € |
| Entreprise (4+ salariés) | > 300 000 € | > 10 ans | 1 800 € - 3 000 € |
| Serrurier-métallier sans expérience ni diplôme | Variable | 0 an | 1 600 € - 2 800 € |
La fourchette globale pour un serrurier-métallier se situe entre 800 et 2 000 euros par an pour la majorité des profils. Les prix en dessous de 800 euros sont rares et doivent vous alerter sur les conditions du contrat (franchises élevées, exclusions nombreuses). Au-dessus de 2 000 euros, on se situe sur des profils à risque (pas d’expérience, sinistralité antérieure, activités multiples incluant la charpente métallique).
Les facteurs qui influencent le prix
Le chiffre d’affaires reste le premier critère. La prime est calculée en pourcentage du CA déclaré, avec un plancher minimum. Un serrurier-métallier qui réalise 40 000 euros de CA paiera moins qu’un serrurier-métallier à 200 000 euros, à profil équivalent.
L’expérience professionnelle est déterminante. Un serrurier-métallier avec 10 ans d’exercice sans sinistre accède aux meilleurs tarifs. Un serrurier-métallier qui crée son activité avec seulement 2 ans d’expérience paiera une prime plus élevée pendant les premières années. La décroissance tarifaire est progressive : les baisses les plus significatives interviennent après 3 ans, puis après 5 ans sans sinistre.
L’historique de sinistralité pèse lourd dans le calcul. Un sinistre déclaré au cours des 3 dernières années entraîne une majoration de prime. Deux sinistres ou plus peuvent conduire à un refus de renouvellement par votre assureur actuel. A l’inverse, un historique vierge pendant 5 ans ou plus vous place dans la meilleure catégorie tarifaire.
Les activités déclarées modifient le tarif de manière significative. Un serrurier qui fait exclusivement de la serrurerie de bâtiment (pose de serrures, cylindres, ferme-portes) paiera moins qu’un métallier qui fabrique et pose des escaliers, des garde-corps et des charpentes métalliques. L’ajout de la charpente métallique, classée en gros oeuvre, augmente fortement la prime car le périmètre de risque change de catégorie.
Le type de travaux peut aussi influencer le tarif. Les serruriers-métalliers qui travaillent exclusivement en rénovation sont généralement moins chers à assurer que ceux qui interviennent sur des constructions neuves ou des bâtiments recevant du public, où les exigences normatives et les montants de sinistres potentiels sont plus importants.
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Les activités du serrurier-métallier à déclarer sur le contrat
Le métier de serrurier-métallier recouvre un large éventail d’activités. Chaque activité exercée doit figurer explicitement sur votre contrat décennale pour être couverte. Voici les activités les plus courantes et leurs implications.
Serrurerie de bâtiment
C’est l’activité de base : pose et remplacement de serrures, cylindres, verrous, crémones, ferme-portes, barres antipanique, systèmes de contrôle d’accès. La serrurerie de bâtiment relève de la décennale dès lors que les éléments posés participent à la sécurité de l’ouvrage (porte coupe-feu, issue de secours, porte d’entrée d’immeuble). Le profil de risque est modéré et les tarifs sont les plus bas de la profession.
Métallerie de bâtiment
La fabrication et la pose de garde-corps, rampes, mains courantes, grilles de défense, balcons métalliques, marquises, auvents, vérandas à structure métallique. Ces ouvrages participent à la sécurité des personnes ou à la protection du bâtiment. Leur défaillance engage directement la garantie décennale. L’activité “métallerie” est souvent le coeur de métier des serruriers-métalliers du bâtiment. Le risque est plus élevé que la serrurerie pure, en raison des enjeux de sécurité liés aux garde-corps et aux ouvrages en hauteur.
Ferronnerie
La ferronnerie recouvre la fabrication artisanale d’ouvrages en fer forgé : portails, grilles, garde-corps, rampes d’escalier, éléments décoratifs fixés au bâtiment. La ferronnerie relève de la décennale lorsque les ouvrages sont intégrés de manière permanente au bâtiment. Un portail en fer forgé, un garde-corps ouvragé, une grille de clôture : tous ces éléments sont des ouvrages au sens de l’article 1792 du Code civil.
Si vous exercez la ferronnerie en complément de la serrurerie-métallerie classique, cette activité doit figurer sur votre contrat. Le surcoût est généralement modéré, la ferronnerie présentant un profil de risque comparable à la métallerie de bâtiment.
Portails et clôtures métalliques
La fabrication et la pose de portails (battants, coulissants, à enroulement), de portillons, de clôtures en panneaux rigides ou en barreaudage, et la motorisation associée. Les portails sont des ouvrages soumis à des contraintes mécaniques importantes : poids propre, efforts du vent, cycles d’ouverture et de fermeture répétés. Un portail qui s’effondre ou dont la motorisation défaille de manière dangereuse engage la décennale.
L’activité “portails et clôtures” doit figurer explicitement sur votre attestation. Si vous posez également les motorisations, vérifiez que cette prestation est incluse dans votre couverture. Certains contrats couvrent la structure métallique mais excluent la motorisation, ce qui vous laisse sans protection sur une partie de votre prestation.
Escaliers métalliques
La conception, la fabrication et la pose d’escaliers en acier, en aluminium ou en inox : droits, quart-tournant, hélicoïdaux, à crémaillère. Les escaliers métalliques sont des éléments de structure du bâtiment, soumis à des normes strictes de sécurité et de résistance. Un escalier défaillant engage directement la garantie décennale.
L’activité “escaliers métalliques” doit figurer sur votre contrat. Les assureurs la considèrent comme une activité à risque modéré à élevé, selon la complexité des ouvrages réalisés. Le tarif est supérieur à celui de la serrurerie de bâtiment seule.
Garde-corps et rampes
Si vous réalisez exclusivement ou principalement des garde-corps et des rampes, cette activité doit apparaître spécifiquement sur votre contrat. Les garde-corps sont les ouvrages de métallerie les plus exposés au risque décennal, en raison de leur fonction directe de protection des personnes contre les chutes en hauteur. Les normes applicables (NF P 01-012, NF P 01-013) sont strictes et leur non-respect constitue systématiquement un désordre décennal.
Charpente métallique
C’est l’activité qui change la donne en termes de classification et de tarif. La charpente métallique relève du gros oeuvre. Si vous concevez, fabriquez et posez des charpentes en acier (portiques, fermes métalliques, ossatures), vous intervenez sur la structure même du bâtiment. Les conditions d’accès et les tarifs sont différents de ceux du second oeuvre : exigence d’expérience plus élevée, primes plus importantes, sinistralité potentielle plus lourde.
Si vous ajoutez la charpente métallique à votre contrat, attendez-vous à une augmentation significative de votre prime. Les assureurs exigeront une expérience spécifique en charpente métallique, distincte de votre expérience en serrurerie-métallerie de second oeuvre.
La règle d’or
Si vous le faites, même une seule fois dans l’année, déclarez-le sur votre contrat. Une activité non déclarée est une activité non couverte. En cas de sinistre, votre assureur vérifiera la concordance entre les travaux réalisés et les activités figurant sur votre attestation. Si le sinistre porte sur une activité non déclarée, vous serez seul face à la facture. Un métallier qui pose un escalier métallique sans avoir déclaré cette activité et qui fait face à un sinistre sur cet escalier n’est pas couvert, même s’il paye sa décennale pour d’autres activités.
Etude de cas : le garde-corps de Karim, 14 mois après la pose
Reprenons l’histoire de Karim en détail. Elle illustre le déroulement complet d’un sinistre décennal en serrurerie-métallerie, de la survenance du dommage à l’indemnisation.
Le chantier initial
En mars 2024, Karim intervient chez Monsieur et Madame Belkacem, dans une maison des années 1980 en rénovation à Lyon. La mission : déposer l’ancien garde-corps en fer forgé rouillé du balcon du deuxième étage et le remplacer par un garde-corps en acier thermolaqué design, avec des barreaux verticaux et une main courante en inox. Le balcon fait 4 mètres linéaires, en saillie de la façade, avec une dalle béton en bon état.
Karim fabrique le garde-corps dans son atelier, le prépare (sablage, traitement anticorrosion, thermolaquage noir mat), le transporte et le pose. Il fixe le garde-corps sur la dalle béton à l’aide de platines soudées aux montants, ancrées dans le béton par des chevilles mécaniques. Il vérifie l’alignement, la solidité, le respect de la hauteur réglementaire (1 mètre minimum au-dessus du sol fini du balcon). Le client signe le procès-verbal de réception. Montant total de la prestation : 3 200 euros TTC.
La survenance du sinistre
En mai 2025, soit 14 mois après la réception, les Belkacem reçoivent des amis pour un repas sur le balcon. Un invité s’appuie normalement sur le garde-corps, comme on le fait naturellement sur un balcon. La fixation de la platine côté gauche cède. Le garde-corps bascule vers l’extérieur sur environ un mètre linéaire. L’invité, surpris, se rattrape en arrière. Personne ne tombe du deuxième étage. Mais la frayeur est immense, et le balcon est immédiatement condamné.
Les Belkacem constatent que deux des quatre chevilles de fixation de la platine gauche sont sorties du béton. Les trous de perçage sont élargis, le béton autour des chevilles est fissuré. Le garde-corps pend partiellement dans le vide.
La déclaration de sinistre
Les Belkacem préviennent Karim le soir même. Karim se rend sur place le lendemain matin. Il constate immédiatement le problème : les chevilles mécaniques utilisées pour la fixation de la platine gauche sont des chevilles à expansion standard, de diamètre 10 mm. Or, la norme NF P 01-012 impose une résistance à un effort horizontal de 60 daN par mètre linéaire pour un garde-corps de logement individuel. Le calcul montre que les chevilles de 10 mm, dans un béton de cette qualité, ne suffisaient pas à reprendre les efforts d’appui. Il aurait fallu des chevilles chimiques ou des chevilles à expansion de diamètre 12 mm minimum, avec une profondeur d’ancrage supérieure.
Karim contacte immédiatement son assureur décennale pour déclarer le sinistre. Il transmet les documents nécessaires : copie du devis et de la facture, procès-verbal de réception signé par le client, attestation décennale en cours de validité au moment des travaux, photos des dégâts, et sa description technique du problème identifié.
L’expertise
L’assureur de Karim mandate un expert qui se rend chez les Belkacem. L’expert examine le garde-corps et l’ensemble des fixations. Il constate :
- Sur la platine gauche : deux chevilles arrachées, béton fissuré autour des points de fixation. Le garde-corps bascule sous un effort minime.
- Sur les trois autres platines : les chevilles tiennent encore, mais l’expert note qu’elles sont du même type et du même diamètre. Elles sont donc potentiellement sous-dimensionnées pour les charges réglementaires.
- L’expert vérifie la conformité du garde-corps lui-même : hauteur conforme (1,02 m), espacement des barreaux conforme (10 cm), main courante continue. Le garde-corps en tant que tel est conforme. Seule la fixation est en cause.
L’expert conclut que le sinistre est de nature décennale : le défaut de fixation compromet la sécurité des occupants et rend le balcon impropre à son usage normal. Il préconise la reprise complète de toutes les fixations sur les quatre platines, avec des chevilles chimiques de diamètre 12 mm et une profondeur d’ancrage de 100 mm minimum, conformément aux préconisations du fabricant pour les charges de garde-corps.
Le chiffrage des dommages
L’expert évalue les dommages comme suit :
- Dépose complète du garde-corps (4 mètres linéaires) : 800 €
- Réparation de la dalle béton aux points de fixation (rebouchage des trous, reprise des fissures, carottage des nouveaux ancrages) : 1 200 €
- Fourniture et pose de 16 chevilles chimiques haute résistance : 600 €
- Repose du garde-corps avec nouvelles platines adaptées : 1 400 €
- Vérification de la tenue par essai de charge conforme à la norme : 400 €
- Reprise des finitions (thermolaquage des zones endommagées par la dépose, raccord d’étanchéité balcon) : 1 200 €
- Frais d’expertise : 2 200 €
- Total : 7 800 €
L’indemnisation
L’assureur de Karim prend en charge l’intégralité du montant, sous déduction d’une franchise de 1 500 euros restant à la charge de Karim. Les travaux de reprise sont réalisés en juillet 2025 par Karim lui-même pour la partie métallerie, et par un maçon pour la reprise de la dalle béton. L’ensemble est terminé en 10 jours.
Karim a déboursé 1 500 euros de franchise au lieu de 7 800 euros. Sa relation avec les Belkacem a été préservée. L’expert a noté dans son rapport que Karim avait fait preuve de réactivité dans la gestion du sinistre.
Les leçons de cette affaire
Première leçon : le sinistre est survenu sur un chantier courant, un remplacement de garde-corps, pas un chantier exceptionnel. Le montant du sinistre (7 800 euros) représente plus du double du montant de la prestation initiale (3 200 euros). Ce ratio est fréquent en métallerie, où les coûts de reprise des fixations et de la dalle s’ajoutent au coût de la dépose et de la repose de l’ouvrage lui-même.
Deuxième leçon : l’expert a préconisé la reprise de l’ensemble des fixations, pas seulement celle qui avait cédé. Si les quatre platines utilisent les mêmes chevilles sous-dimensionnées, les trois autres risquent de céder à leur tour. Cette approche préventive est systématique quand le même défaut est reproductible sur l’ensemble de l’ouvrage.
Troisième leçon : le sinistre aurait pu être dramatique. Une chute du deuxième étage peut être mortelle. Si l’invité était tombé, les conséquences auraient dépassé largement le cadre de la décennale (dommages matériels) pour entrer dans celui de la responsabilité pénale et de l’indemnisation corporelle. La conformité aux normes de fixation des garde-corps n’est pas une option. C’est une obligation de résultat.
Quatrième leçon : Karim avait conservé l’ensemble des documents du chantier (devis, facture, PV de réception). Cette rigueur administrative a permis un traitement rapide du dossier. Sans PV de réception, la date de départ de la garantie décennale aurait pu être contestée.
Cinquième leçon : sans décennale, Karim aurait payé 7 800 euros de sa poche. Pour un artisan serrurier-métallier avec un CA de 90 000 euros, c’est presque un mois de chiffre d’affaires. Et si l’invité était tombé, les conséquences financières auraient été sans commune mesure. La décennale n’est pas un luxe, c’est un filet de sécurité indispensable, surtout dans un métier où la sécurité des personnes est directement en jeu.
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Comment obtenir votre décennale serrurier-métallier
Le processus de souscription est relativement simple pour les serruriers-métalliers, à condition de préparer un dossier complet.
Les documents à fournir
- Justificatif de qualification professionnelle (diplôme, titre professionnel, ou attestation d’expérience en serrurerie-métallerie)
- Extrait Kbis ou inscription au répertoire des métiers
- CV détaillé mentionnant les années d’expérience dans la serrurerie-métallerie
- Attestation d’assurance décennale précédente (si vous étiez déjà assuré)
- Déclaration de chiffre d’affaires des 3 dernières années (ou prévisionnel pour les créateurs)
- Relevé de sinistralité des 3 dernières années
Pour la liste exhaustive, consultez notre guide sur les documents à fournir pour souscrire une décennale.
Les délais
En passant par un courtier spécialisé, comptez entre 48 heures et une semaine pour obtenir votre contrat et votre attestation. Le délai dépend de la complétude de votre dossier et de la complexité de votre profil. Un serrurier-métallier avec 5 ans d’expérience, un diplôme et aucun sinistre obtiendra sa couverture en 48 heures. Un profil atypique (pas de diplôme, expérience limitée, sinistres antérieurs, activité de charpente métallique) nécessitera un délai plus long car le dossier devra être étudié au cas par cas.
Les pièges à éviter
Ne déclarez pas un CA prévisionnel trop bas pour obtenir une prime réduite. Si votre CA réel dépasse significativement le CA déclaré, votre assureur peut appliquer une réduction proportionnelle d’indemnisation en cas de sinistre. Si vous déclarez 50 000 euros et que vous en réalisez 120 000, l’indemnisation pourra être réduite de plus de la moitié.
Ne sous-estimez pas vos activités. Si vous fabriquez et posez des escaliers métalliques mais que votre contrat ne mentionne que “serrurerie de bâtiment”, vous n’êtes pas couvert pour les sinistres liés aux escaliers. Déclarez toutes vos activités, même celles que vous exercez occasionnellement.
Ne confondez pas serrurerie de dépannage et serrurerie de bâtiment. Si vous exercez exclusivement le dépannage (ouverture de portes, changement de cylindre en urgence) sans intervenir sur des ouvrages neufs ou en rénovation, votre exposition décennale est très limitée. En revanche, dès que vous posez une serrure neuve sur une porte coupe-feu, un ferme-porte sur une issue de secours, ou un système de contrôle d’accès intégré au bâtiment, vous êtes dans le champ de la décennale.
Ne laissez pas votre contrat expirer. Un jour sans assurance est un jour où tout chantier en cours n’est pas couvert. Anticipez le renouvellement et réglez votre prime dans les délais.
Le cas particulier du serrurier-métallier sans expérience ni diplôme
Vous souhaitez vous installer comme serrurier-métallier mais vous n’avez ni les 2 ans d’expérience requis, ni le diplôme correspondant. C’est une situation difficile mais pas impossible.
Certains assureurs acceptent les profils sans qualification formelle, moyennant des conditions spécifiques :
- Une surprime significative (votre prime sera 50 % à 100 % plus élevée que celle d’un serrurier-métallier qualifié)
- Une franchise plus élevée
- Un CA plafonné la première année
- Parfois, l’exclusion de certaines activités (pas de charpente métallique, pas d’escaliers, par exemple)
Le conseil : si vous êtes dans cette situation, investissez dans une formation qualifiante. Un titre professionnel de Métallier peut être obtenu en quelques mois. Il facilitera considérablement votre accès à l’assurance décennale et réduira votre prime de manière durable. Si vous avez une expérience en soudure ou en chaudronnerie acquise dans l’industrie, cette expérience peut être valorisée auprès de certains assureurs, même si elle n’a pas été acquise dans le bâtiment. Un soudeur industriel qui se reconvertit en métallier du bâtiment dispose de compétences techniques transférables que les assureurs prennent en compte.
Consultez notre guide sur la décennale sans diplôme ni expérience pour plus de détails sur les solutions disponibles.
Prix de la décennale serrurier-métallier : comparaison avec les autres métiers
Pour situer le coût de la décennale serrurier-métallier par rapport aux autres corps de métier, voici un comparatif des fourchettes de prix constatées en 2026 pour un profil comparable (micro-entrepreneur, CA de 50 000 euros, 3 ans d’expérience).
| Métier | Classification | Prix annuel estimé |
|---|---|---|
| Serrurier-métallier | Second oeuvre | 900 € - 1 400 € |
| Menuisier | Second oeuvre | 900 € - 1 400 € |
| Peintre | Second oeuvre | 700 € - 1 200 € |
| Plombier | Second oeuvre | 1 100 € - 1 700 € |
| Électricien | Second oeuvre | 900 € - 1 500 € |
| Maçon | Gros oeuvre | 1 800 € - 3 200 € |
| Couvreur | Gros oeuvre | 2 000 € - 3 500 € |
| Charpentier | Gros oeuvre | 1 900 € - 3 300 € |
Le serrurier-métallier se situe dans la moyenne des métiers du second oeuvre, au même niveau que le menuisier. Les prix sont nettement inférieurs à ceux des métiers du gros oeuvre, ce qui s’explique par une sinistralité moyenne plus faible pour les activités de second oeuvre. Si vous ajoutez la charpente métallique à vos activités, votre tarif se rapprochera de celui des métiers du gros oeuvre.
Pour une analyse détaillée des prix selon les métiers, consultez notre article sur le prix de l’assurance décennale.
Questions fréquentes
Un serrurier-métallier micro-entrepreneur a-t-il besoin d’une décennale ?
Oui, sans exception. Le statut de micro-entrepreneur ne modifie en rien l’obligation d’assurance décennale. Que vous réalisiez 5 000 ou 77 700 euros de chiffre d’affaires annuel, vous devez être couvert dès votre premier chantier. Les sanctions en cas de défaut sont les mêmes pour tous les statuts : jusqu’à 75 000 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement. Les prix pour les micro-entrepreneurs serruriers-métalliers démarrent autour de 800 euros par an pour les profils avec expérience et diplôme.
La décennale est-elle obligatoire pour le dépannage en serrurerie ?
Le dépannage pur (ouverture de porte claquée, remplacement d’un cylindre en urgence) ne relève généralement pas de la décennale, car il ne s’agit pas de travaux de construction ou de rénovation au sens de l’article 1792 du Code civil. En revanche, dès que vous remplacez une serrure complète sur une porte d’entrée d’immeuble, que vous installez un ferme-porte sur une issue de secours, ou que vous posez un système de verrouillage sur une porte coupe-feu, vous réalisez des travaux qui relèvent de la décennale. La frontière est parfois floue. En pratique, si votre activité inclut à la fois du dépannage et de la pose neuve ou en rénovation, souscrivez une décennale. Le coût est modeste et la couverture vous protège sur l’ensemble de vos interventions.
La décennale couvre-t-elle la motorisation des portails ?
Oui, à condition que l’activité “motorisation de portail” ou “automatisme de fermeture” figure sur votre contrat. La motorisation fait partie intégrante de l’ouvrage portail. Si le système de motorisation défaille et que le portail s’effondre ou bloque l’accès de manière dangereuse, le sinistre est décennal. Un portail motorisé dont le système de sécurité (cellules photoélectriques, détection d’obstacle) ne fonctionne plus et qui se referme sur un véhicule ou une personne engage votre responsabilité décennale. Vérifiez que votre contrat couvre explicitement la motorisation et pas seulement la structure métallique du portail.
Quelle différence entre un contrat serrurerie et un contrat métallerie ?
Les assureurs distinguent souvent ces deux périmètres. Un contrat “serrurerie de bâtiment” couvre la pose de serrures, cylindres, verrous, ferme-portes, barres antipanique et systèmes de contrôle d’accès. Un contrat “métallerie de bâtiment” couvre la fabrication et la pose d’ouvrages métalliques : garde-corps, escaliers, portails, grilles, marquises. Si vous exercez les deux activités, votre contrat doit mentionner les deux. Un serrurier qui fabrique et pose des garde-corps sans avoir l’activité “métallerie” sur son contrat n’est pas couvert pour cette prestation. Le surcoût pour cumuler les deux activités est généralement modéré : 100 à 300 euros par an.
La décennale couvre-t-elle les ouvrages en inox et en aluminium ?
Votre contrat décennale précise les matériaux sur lesquels vous êtes couvert. Un contrat mentionnant “métallerie acier” ne couvre pas automatiquement les ouvrages en inox ou en aluminium. Or, ces matériaux sont de plus en plus utilisés (garde-corps en inox, portails en aluminium, brise-soleil en aluminium). Si vous travaillez avec plusieurs métaux, assurez-vous que chacun figure sur votre contrat. Le surcoût pour ajouter l’inox ou l’aluminium est généralement modeste, de l’ordre de 100 à 200 euros par an. L’enjeu est réel : un garde-corps en inox dont la soudure cède n’est pas couvert par un contrat qui ne mentionne que l’acier.
Que faire si mon assureur refuse de me couvrir ?
Un refus de couverture peut survenir si vous n’avez pas l’expérience ou le diplôme requis, si vous avez un historique de sinistralité élevé, ou si vos activités sont jugées trop risquées par l’assureur sollicité (charpente métallique lourde, par exemple). Dans ce cas, passez par un courtier spécialisé qui connaît l’ensemble du marché et sait quels assureurs acceptent les profils atypiques. Le Bureau Central de Tarification (BCT) est le dernier recours : si aucun assureur ne veut vous couvrir, vous pouvez saisir le BCT qui désignera un assureur tenu de vous proposer un contrat. Le prix sera probablement élevé, mais vous serez assuré. Pour approfondir ce sujet, consultez notre guide sur les solutions en cas de décennale refusée ou résiliée.
Un ferronnier d’art a-t-il besoin d’une décennale ?
Oui, dès lors que les ouvrages réalisés sont intégrés de manière permanente à un bâtiment. Un portail en fer forgé fixé sur les piliers d’une propriété, un garde-corps en ferronnerie posé sur un balcon, une rampe d’escalier en fer forgé scellée dans un mur : tous ces ouvrages sont des éléments du bâtiment au sens de la loi Spinetta. Leur défaillance peut compromettre la sécurité des occupants ou rendre l’ouvrage impropre à sa destination. En revanche, un objet décoratif en fer forgé simplement posé (sculpture, mobilier de jardin) ne relève pas de la décennale car il n’est pas intégré au bâtiment. Si votre activité de ferronnier d’art inclut des ouvrages fixés au bâtiment, la décennale est obligatoire.
Ce qu’il faut retenir
La décennale est obligatoire pour tout serrurier-métallier, quel que soit son statut et la taille de son activité. En tant que métier du second oeuvre, vous bénéficiez de conditions d’accès favorables : 2 ans d’expérience ou un diplôme suffisent pour la plupart des assureurs, et les prix se situent entre 800 et 2 000 euros par an pour la majorité des profils.
Les sinistres en serrurerie-métallerie sont spécifiques et souvent liés à la sécurité des personnes : garde-corps défaillant, portail qui s’effondre, serrure défectueuse sur porte coupe-feu, escalier métallique mal fixé, corrosion prématurée. Ils peuvent coûter plusieurs milliers d’euros, bien au-delà du prix du chantier initial, et leurs conséquences humaines peuvent être dramatiques. La décennale vous protège contre ce risque financier.
Déclarez toutes vos activités sur votre contrat. Serrurerie, métallerie, ferronnerie, portails, garde-corps, escaliers métalliques, charpente métallique : chaque activité exercée doit figurer sur votre attestation. Une activité non déclarée est une activité non couverte.
Conservez tous vos documents de chantier : devis, factures, procès-verbaux de réception, notes de calcul pour les ouvrages soumis à des charges (garde-corps, escaliers). En cas de sinistre, ces documents sont indispensables pour un traitement rapide de votre dossier.
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